Blockchain

Une blockchain est, en principe, une liste chronologique d'enregistrements de données à laquelle seules de nouvelles informations peuvent être ajoutées. Cette technologie s'est popularisée grâce au Bitcoin, où une blockchain est utilisée pour enregistrer les transactions en bitcoins. En moyenne, un bloc contenant plusieurs milliers de transactions ainsi qu'une référence au bloc précédent est ajouté toutes les dix minutes. C'est ainsi qu'est créée une chaîne de blocs : la blockchain.
Le Bitcoin est un système monétaire décentralisé. Cela signifie que son registre est tenu à jour et contrôlé par un grand nombre de participants, sans qu'aucun d'eux n'exerce d'autorité centrale. C'est là l'essence de cette invention : permettre à un grand groupe de participants indépendants de parvenir à un consensus sur le registre du système.
Une blockchain est indispensable dans ce contexte, car elle établit l'ordre chronologique des transactions. Un grand groupe de participants indépendants ne partage en effet pas une notion commune du temps. Comme chaque bloc est lié au précédent, une chronologie cohérente est créée. En revanche, en dehors d'un système véritablement décentralisé, une blockchain apporte peu de valeur ajoutée et constitue surtout une manière inefficace de stocker des données.
L'une des principales questions consiste à déterminer qui est autorisé à ajouter le bloc suivant à la blockchain. Dans l'idéal, il s'agit à chaque fois d'un participant différent, choisi de manière aléatoire. Ce problème est résolu grâce à un mécanisme de consensus, c'est-à-dire la méthode permettant d'obtenir un accord entre les participants. L'une des caractéristiques d'un mécanisme de consensus robuste est qu'il empêche les participants de se faire passer pour plusieurs personnes afin d'influencer le registre en multipliant artificiellement leur pouvoir de décision.
Le mécanisme utilisé par le Bitcoin est appelé Proof-of-Work. Les participants (« miners ») obtiennent un pouvoir de décision proportionnel à la puissance de calcul qu'ils apportent. Comme cette puissance de calcul nécessite de l'énergie, personne ne peut simuler son influence. Il existe d'autres mécanismes de consensus, comme le Proof-of-Stake. Dans ce cas, les participants (« validators ») obtiennent un pouvoir de décision proportionnel à la quantité de cryptomonnaies qu'ils immobilisent. Le Bitcoin utilise le Proof-of-Work, tandis qu'Ethereum utilise le Proof-of-Stake depuis 2022. Dans un système public décentralisé comme Bitcoin ou Ethereum, chacun peut rejoindre le réseau, conserver une copie complète de la blockchain et vérifier lui-même que toutes les règles sont correctement respectées. Les participants n'ont donc pas besoin de faire confiance à une autorité centrale telle qu'un gouvernement, une banque ou une entreprise technologique.
Aujourd'hui, la technologie blockchain n'est plus utilisée uniquement pour les cryptomonnaies. Elle trouve également des applications dans des domaines tels que la tokenisation d'actifs, l'identité numérique, la gestion de la chaîne d'approvisionnement (supply chain management) et l'enregistrement des droits de propriété.
